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Sujet : La valeur morale d'une action se mesure-t-elle à son utilité sociale ?

Définitions des termes :
  • valeur : Qualité ou signification d'une chose abstraite (le vrai, le bien). C'est à partir de Nietzsche que la notion de valeur a été introduite dans la philosophie. Nietzsche a critiqué de façon radicale les valeurs chrétienne, trouvant l'origine de toute valeur chez l'homme.
  • morale : Ensemble des règles de conduite -concernant les actions permises ou défendues- tenues pour universellement et inconditionnellement valables.
  • action : On peut dégager plusieurs acceptions de ce terme. 1/ L'action est tout d'abord une opération d'un être considérée comme produite par cet être lui-même et non par une cause extérieure. L'action est celle du sujet qui agit. 2/ L'action c'est aussi l'effort, le travail, l'activité non plus comme processus opératoire à proprement parler mais comme se distinguant du repos et de l'inactivité. 3/ L'action se pense aussi directement dans son opposition à l'intelligence, la réflexion et la pensée : c'est la spontanéïté des êtres vivants, et plus précisément de l'homme considérée comme se distinguant de la représentation. NB :Nous ne prenons volontairement pas en considération l'action au sens d'influence d'un corps sur un autre. (Exemple : On parle à ce titre d'action de l'acide chlorydrique sur les métaux) En effet notre interrogation portant sur le lien « action » / « réflexion », cette acception ne nous semble pas prioritaire.

Extrait du corrigé : Or, nous sentons bien que la valeur morale se situe sur un plan beaucoup plus élevé que ce calcul utilitaire. Comme l'écrit CICÉRON dans le De Officiis (III, chap. 30), « on dit parfois qu'une chose, qui est très utile, devient moralement bonne; mais c'est qu'alors elle l'est par nature, elle ne le devient pas. Car rien ne peut être utile qui ne soit, en même temps, moral; et ce n'est pas parce que la chose est utile qu'elle est morale; c'est au contraire parce qu'elle est morale qu'elle est utile ». Autrement dit, l'utilitarisme renverse l'ordre des valeurs, ou plutôt il détruit toute valeur en la rabattant sur le plan d'un calcul d'intérêts. Ainsi que l'observe R. LE SENNE (Ouv. cité, p. 392-393 et 406), il y a là une conception qui est en relation avec certaines conditions historiques : « Le développement de l'utilitarisme a été lié au développement de la richesse de l'Angleterre : c'est une morale de commerçant », une morale « de banquiers pacifistes » qui reste « à la superficie de l'âme humaine en s'enfermant dans la conscience qui perçoit et qui calcule ». Or, ainsi que l'a remarqué l'historien BUCHEZ, une telle étroitesse de vues est extrêmement dangereuse du point de vue moral : « Il n'y a pas un abus de la force, pas une injustice, que la théorie de l'utilité n'ait servi à autoriser.

La valeur morale d'une action se mesure-t-elle à son utilité sociale ?

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