- Sujet : N'échange-t-on que des biens ?
- Concepts : N'echange-t-on - que - des - biens - - 481 -
- Extrait du corrigé : - Le potlatch, comme pratique sociale, montre au contraire un échange dont les objets sont voués à une consommation sans usage : ce sont sans doute des biens, mais ils sont destinés à disparaître dans la surenchère des dons et contre-dons.
a) Le sociologue français
Marcel Mauss s'est intéressé au don dans les sociétés primitives. Étudiant
les tribus du nord-ouest de l'Amérique du Nord, il reprend le vocable
chinook du « potlatch », ce qui à l'origine, signifie « nourrir » ou «
consommer ». Cette pratique consiste en un don obligé, qui se caractérise à
la fois par l'obligation de donner et de rendre ces dons. Mauss met en avant
le caractère systématique de ces pratiques, organisées en un système de
rivalité : il s'agit de surenchérir sur les dons de l'autre, ce qui explique
ce que Mauss appelle l'« allure agonistique » (le combat) de cette
prestation. L'enjeu du don est ici l'établissement d'une hiérarchie, d'une
supériorité : « donner, c'est manifester sa supériorité », commente ainsi
Mauss. On le voit, le don ici n'est aucunement désintéressé. Il se comprend
comme une prestation, et l'origine économique de cette métaphore est
explicite à cet égard.Mais cette dimension économique n'est pas seule présente dans le « potlatch
» : on ne s'échange en effet pas que des biens d'utilité, puisqu'on
s'échange aussi « des politesses, des festins, des rites, des services
militaires, des femmes, des enfants, des danses, des fêtes » : ces
constatations amènent Mauss à définir ces dons comme une prestation sociale,
engagés dans un « système de prestations totales ». En effet, une dimension
politique et une dimension sacrée en gouverne le principe, au même titre que
la dimension économique.
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