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Extrait du corrigé : Davantage que l'art grec, l'art égyptien est un art profondément religieux, art qui confirme le point de vue de Hegel selon lequel: « C'est la vérité divine que l'art offre à la contemplation intuitive et au sentiment, et c'est cette vérité qui constitue le centre du monde de l'art tout entier [... ]» Ce qui, soit dit en passant, permet de comprendre que de la mort des dieux devra résulter la mort de l'art en général. Comme le dit Panofsky, l'art égyptien n'est pas imitation, mais reconstruction. Puisque c'est l'eïdos du défunt qui est mystiquement reconstitué, tout réalisme, tout souci du détail serait superflu. Ce sont les attributs essentiels et immortels d'un grand personnage qu'il s'agit de rendre présents ; et par rapport à cette exaltation de l'éternel, le plaisir du spectateur est absolument négligeable. À la différence des canons immuables qui régissent dans l'art égyptien la figuration du corps humain, les canons mis en oeuvre dans l'art grec ont considérablement évolué. Ils devaient concilier trois exigences, celle, géométrique et normative, des proportions idéales du corps ou encore celle de l'harmonie des parties entre elles, et vis-à-vis du tout; celle ensuite du réalisme, c'est-à-dire d'une fidélité relative à l'individuel, et aux variations anatomiques empiriques; celle enfin esthétique de la satisfaction visuelle du spectateur. Par rapport à l'exigence initialement normative qui fut celle d'un Polyclète, qui cherchait une beauté pure et quasi mathématique, ce fut le réalisme et même le naturalisme qui finirent par l'emporter. L'art de l'apparence illusoire l'emportait sur l'art de la copie. Pourtant la « mimèsis » des apparences resta longtemps tempérée par la recherche d'un modèle idéal, troisième voie que Platon n'avait pas imaginée.
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