- Sujet : L'interprétation comme recherche du sens ?
- Concepts : L'interpretation - comme - recherche - du - sens -
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- Extrait du corrigé : L'homme contre le monde », l'homme principe « négateur du monde », l'homme comme étalon des choses, comme juge de l'univers qui finit par mettre l'existence elle-même sur sa balance pour la trouver trop légère tout cela est d'un mauvais goût monstrueux et écoeurant, quoi de plus risible que de placer « l'homme et le monde » l'un à coté de l'autre, quelle sublime présomption que ce petit mot « et » qui les sépare ! Mais quoi ? En rire, n'est-ce pas faire un pas de plus dans le mépris des hommes ? Et, par conséquent aussi, un pas de plus dans le pessimisme, dans le mépris de l'existence, telle que nous la percevons ? N'est-ce pas tomber dans le soupçon qu'occasionne ce contraste, le contraste entre ce monde où, jusqu'à présent, nos vénérations avaient trouvé un refuge ces vénérations à cause desquelles nous supportions peut-être de vivre et un monde qui n'est autre que nous-mêmes : un soupçon implacable, foncier et radical à l'égard de nous-mêmes, qui s'empare toujours davantage de nous autres Européens, nous tient toujours plus dangereusement en sa puissance et pourrait facilement placer les générations futures devant cette terrible alternative : « Supprimez vos vénérations, ou bien supprimez-vous vous-mêmes ! » Le dernier cas aboutirait au nihilisme ; mais le premier cas n'aboutirait-il pas aussi au nihilisme ? C'est là notre point d'interrogation !" NIETZSCHEDisciple de Schopenhauer, Nietzsche se demande ce qu'il en est de l'homme, quand « Dieu est mort », c'est-à-dire quand disparaissent les références à un absolu, qu'il s'agisse de Dieu ou d'une croyance de substitution : vérité scientifique ou sens de l'histoire. C'est dans ce texte qu'il introduit pour la première fois la notion de nihilisme.Nietzsche vient, de façon ironique, de définir l'homme comme « l'animal qui vénère », c'est-à-dire qui a besoin pour vivre, pour supporter sa propre limitation, sa médiocrité, de croire en un absolu. C'est « l'instinct de faiblesse » des êtres humains qui fait la force de leurs croyances. Nietzsche parlera plus loin de « cet impétueux désir de certitude qui se décharge aujourd'hui encore sous des allures scientifiques ou positivistes dans les grandes masses » (Le Gai Savoir, § 347).Or, prendre conscience de ce besoin mensonger de croire, c'est savoir que le monde est sans Dieu, sans raison, sans fin morale, donc « inhumain ».
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