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Sujet : Art et passion ?

Extrait du corrigé : Le spectateur est-il prédisposé, par sa nature même, à réagir en fonction d'une représentation spécialement conçue pour le troubler en des points sensibles de sa personnalité ? Aristote ne le dit pas. La "Poétique" ne répond pas vraiment à l'attente de la "Politique".  Aristote, là aussi, avait évoqué la catharsis, mais uniquement à propos de la musique «Nous disons qu'on doit étudier la musique, non pas vue de l'éducation et de la purgation - ce que nous en vue d'un avantage unique, mais de plusieurs (en nous en reparlerons plus clairement dans un entendons par purgation, terme employé en général, traité sur la poétique - et, en troisième lieu, en vue du divertissement, de la détente et du délassement après la tension de l'effort). » Certes, il en reparle, mais si peu ! En revanche, la "Politique" donne quelques précisions qu'on ne retrouve pas dans la "Poétique": à la crainte et à la pitié s'ajoute l'«enthousiasme». A propos de cet état d'exaltation, Aristote fait référence explicitement au sens thérapeutique du terme: «certains individus ont une réceptivité particulière pour cette sorte d'émotions [l'enthousiasme], et nous voyons ces gens-là, sous l'effet des chants sacrés, recouvrer leur calme comme sous l'action d'une cure médicale ou d'une purgation. » Est-ce pour lui, une manière de retrouver le lieu commun selon lequel «la musique adoucit les moeurs» ? Il y a sans doute un peu de cela, mais il faut aller plus loin dans l'interprétation. Dans la "Politique", Aristote suggère lui-même que la catharsis concerne également la tragédie, c'est-à-dire la vue, et non pas seulement l'écoute de ce qu'il appelle des chants éthiques, dynamiques ou exaltants. Il n'y a pas à s'en étonner puisque la tragédie, à l'époque, réalise une certaine forme d' «art total» harmonisant le texte, les choeurs et la danse.

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