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Sujet : Sur quoi repose l'unité de la personne ?

Extrait du corrigé : On acquiert progressivement depuis l'enfance ce sentiment du moi unifié, en imitant, ou au contraire en s'opposant à autrui. La société m'inculque la notion de responsabilité : je reconnais les actes que j'ai commis la veille comme miens.  La mémoire assure également l'unité de la personne à travers le temps : souvenir de ma date de naissance, de mon nom... (Leur oubli est le symptôme de graves troubles ou dédoublement de la personnalité).   Sur le rôle social ? Attention à ne pas confondre la personne et le personnage, et à ne pas se laisser enfermer dans un rôle, ou une image que les gens ont de nous ; ce serait abdiquer sa liberté et devenir une chose (voir Sartre, L'être et le Néant). Pour Pascal (Pensées section V), il faut se dépouiller de tout ce que nous avons afin de bien saisir ce que nous sommes.     Sur l'imagination : Hume. David Hume, inspiré par Pascal, est très sceptique à l'égard de l'unité de la personne. Pour lui, notre imagination identifie notre personne, ce que nous sommes à ce que nous avons ; pour lui, je ne suis même pas plus mes souvenirs et mes idées que ma maison ou ma voiture. C'est l'imagination qui fait passer une collection de possessions diverses pour une personne unifiée.

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Définitions

  • unité : Du latin unitas, de unus, « un ».L'unité désigne donc la qualité de ce qui est un, unique, mais aussi ce qui forme un tout, dont les diverses parties constituent un ensemble indivisible. L'unité fait aussi référence à l'harmonie et à l'accord.
  • personne : La notion de personne est la notion d'un être raisonnable, autonome et irremplaçable qui n'obéit à d'autre loi que celle qu'il institue.

Plan détaillé

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Le problème de l’unité de la personne est directement lié à celui de l’identité personnelle. Etre un, c’est avoir une seule identité qui nous définisse, se reconnaître comme une personne. Bien que familière, la notion de personne est complexe, et mérite d’être redéfinie. En morale, ce terme désigne le plus souvent l’homme comme sujet conscient et raisonnable, capable de distinguer le bien et le mal et pouvant répondre de ses actes. Plusieurs éléments peuvent entre en compte dans le sentiment d’unité de la personne : le corps, le caractère, la société ; mais chacun d’eux, s’il apporte une piste de solution, ne semble pas se suffire. Seule la conscience semble apporter un éclaircissement.  

 

Sur le Corps

Nous sommes des corps indivisibles (un bout de bras n’est pas indépendant) qui forment des touts, et non une suite d’éléments juxtaposés sans lien entre eux (contrairement à différents objets liés entre eux accidentellement). Ce qui agit sur un organe a des répercussions sur tout notre organisme. L’unité de notre corps est à la base de l’unité de notre personne.

Remarque : la personne ne se réduit pas pour autant à l’individu biologique. La notion de personne implique une dimension morale ; la personne est libre, tandis que le corps est soumis à un déterminisme biologique (les mêmes causes produisent les mêmes effets).

 

Sur la société

L’unité du moi semble se construire sur des valeurs qui motivent nos actes libres ; ces valeurs proviennent notamment de la communauté dans laquelle nous évoluons. On acquiert progressivement depuis l’enfance ce sentiment du moi unifié, en imitant, ou au contraire en s’opposant à autrui.

La société m’inculque la notion de responsabilité : je reconnais les actes que j’ai commis la veille comme miens.  La mémoire assure également l’unité de la personne à travers le temps : souvenir de ma date de naissance, de mon nom… (Leur oubli est le symptôme de graves troubles ou dédoublement de la personnalité).

 

Sur le rôle social ? Attention à ne pas confondre la personne et le personnage, et à ne pas se laisser enfermer dans un rôle, ou une image que les gens ont de nous ; ce serait abdiquer sa liberté et devenir une chose (voir Sartre, L’être et le Néant). Pour Pascal (Pensées section V), il faut se dépouiller de tout ce que nous avons afin de bien saisir ce que nous sommes.  

 

Sur l’imagination : Hume. David Hume, inspiré par Pascal, est très sceptique à l’égard de l’unité de la personne. Pour lui, notre imagination identifie notre personne, ce que nous sommes à ce que nous avons ; pour lui, je ne suis même pas plus mes souvenirs et mes idées que ma maison ou ma voiture. C’est l’imagination qui fait passer une collection de possessions diverses pour une personne unifiée.

 

Sur la conscience

Pour Emmanuel Kant, l’unité de la personne repose sur la conscience que l’on a de soi-même. L’homme peut dire « je », contrairement aux choses. Kant remarque que les enfants parlent d’eux pendant environ trois ans à la troisième personne ; le passage au « je » correspond pour lui au moment où nous nous formons une personnalité, où nous prenons conscience d’être une personne distincte. On peut alors s’identifier à soi-même. On peut se reconnaître l’auteur d’actes contradictoires, se reconnaître malgré le changement de caractère et l’évolution du corps car notre conscience immuable accompagne tous ces changements.



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